Enfin, le lundi 12 novembre, Monsieur Isselkou Ould Md Saghir, Hakem (préfet) de l’Adrar, nous reçoit Ely Cheikh et moi et nous organise sur le champ une rencontre avec Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Sidi (inspecteur départemental de l’éducation), Monsieur Sid Ahmed Ould Kleîb (directeur général des écoles fondamentales d’Atar) et Monsieur Ahmed Ould Dedda (directeur de l’Ecole 7).
Cette réunion de présentation de notre association officialise ainsi le démarrage des activités d’Emel Ejyal. Le soir même « nos filleul(e)s » reçoivent une farde contenant deux cahiers et un stylo, de manière à pouvoir suivre illico la première des 6 heures de cours complémentaires (3 h d’arabe et 3 h de français) qu’ils recevront chaque semaine. Quelques jours plus tard, de retour de Nouakchott (où nous nous sommes rendus pour faire les achats scolaires indispensables), c’est accompagné d’El Bekaye (secrétaire général d’Emel Ejyal) que nous remettons aux enfants un cartable contenant un petit plumier (un crayon, une gomme, un taille-crayons, une petite latte), trois cahiers, deux manuels (arabe et français) et une petite boîte de crayons de couleur. Inutile de dire que les enfants sont très fiers et heureux de leur équipement.
Notre association a pour le moment « sous son aile » 15 enfants (11 filles et 4 garçons) de 2e ou 3e primaire. Pour des raisons d’organisation, tous sont des élèves de l’Ecole 7. En attendant l’ouverture de notre centre, l’école met à notre disposition une classe pour « l’école des devoirs ». Ceci a au moins l’avantage de nous éviter de chercher et de louer un local et de faire gagner du temps aux enfants. Chaque jour, ils reçoivent un petit pain à dix heures. Chaque famille quant à elle reçoit une aide alimentaire trimestrielle (25 kg de riz, 5 l d’huile et 1 kg de lait en poudre). Dans un souci d’équité, les prochains parrainages seront attribués à l’Ecole 10. Je pense qu’avec six enfants, nous pourrions ouvrir une classe. C’est l’objectif que je me suis fixé pour la fin du 1e trimestre 2008 !
Outre la chance d’avoir pu participer activement à la mise en route de nos activités à Atar, ce voyage fut également riche en rencontres diverses : avec les responsables d’autres associations, les enseignants du nouveau centre de formation professionnelle, ... ou tout simplement avec des amis. D’autre part, je me réjouis de la motivation et de l’efficacité de travail et de réflexion de mes amis mauritaniens qui s’investissent totalement pour mener à bien ce projet commun. Je tiens ici tout spécialement à remercier Ely Cheikh pour sa très grande disponibilité !
Bien entendu, il reste encore un travail énorme à effectuer. En me rendant régulièrement chez l’habitant, j’ai eu la confirmation évidente que pour optimaliser l’efficacité de l’aide, mettre toutes les chances de notre côté et atteindre notre objectif (amener les enfants au bac), l’enfant doit non seulement être encadré, mais surtout être placé dans un milieu éducatif propice au travail scolaire ! Durant ses heures d’étude, il doit absolument être dispensé des multiples tâches ménagères qui généralement lui incombent. En attendant de pouvoir changer les mentalités, la création d’un « centre de jour » est une réelle nécessité et devient par conséquent notre priorité. Malheureusement ce centre ne pourra démarrer et ne sera viable sans le parrainage d’au moins 30 enfants et sans l’obtention de subsides pour le construire.
C’est néanmoins avec un sentiment de satisfaction et de bonheur du travail déjà réalisé que ce 2 décembre, j’ai repris l’avion du retour ... l’esprit déjà en éveil à la préparation de mon voyage de mars 2008 !
Jean-Marie Simon