Compte-rendu Voyage mars 2008

Je ne peux commencer ce petit « rapport de voyage » sans revenir un instant sur les conséquences des malheureux évènements (attaque de touristes français : 3 tués et l’attentat mortel contre trois soldats) qui se sont passés fin décembre 2007. Comme vous le savez, suite à ces incidents le Dakar a été annulé, mais bien plus grave, le Ministère des Affaires étrangères français déconseillait à ses ressortissants de se rendre en Mauritanie ! Sans vouloir m’immiscer dans la politique française, je trouve surprenante et malheureuse l’attitude du Quai d’Orsay (et de certains médias français) qui ont appelé au « boycott » de cette destination. Ceci a eu pour conséquence de nombreuses annulations de la part de voyageurs « (trop) prudents ». Pour la population de l’Adrar (dont le principal revenu est le tourisme), cette saison touristique est une catastrophe. Quand je vous dirai que durant les 5 mois que dure la saison, notre ami Ely Cheikh a travaillé 3 semaines (le chômage n’existe pas), vous aurez compris l’ampleur du désastre ! A cet égard il faut saluer Point-Afrique et les T.O. qui l’ont rejoint, qui envers et contre tout ont décidé de maintenir leurs vols sur Atar et ainsi ont apporté une petite bouffée d’oxygène et beaucoup d’espoir à nos amis mauritaniens. Je clôturerai ce chapitre en disant que tant durant mon séjour de 6 semaines à Atar que lors de mon voyage à Nouakchott, à aucun moment je n’ai eu le moindre problème ou eu le moindre sentiment d’insécurité. Soyez en certain, la Mauritanie est une destination au moins aussi sûre que Paris, Londres, Madrid ou ... New York !

Je suis arrivé à Atar le 17 février dernier. Alors qu’à Bruxelles la température avoisinait le jour les 0°, là-bas à 18 h il faisait encore 36° ! Mon acclimatation a donc mis quelque jours à se faire !

« Emel » va bien et nos petits protégés également. Si les résultats du contrôle de fin 2007 sont très inégaux, il faut se réjouir que deux garçons de 3e primaire se classent respectivement 1er et 2e avec plus de 85 % des points! S’il le fallait encore, j’ai eu une fois de plus durant mon séjour la confirmation du sérieux, de l’implication et de l’investissement humain avec lesquels nos amis gèrent « Emel Ejyal ». Car si actuellement la gestion quotidienne n’est pas trop lourde, vu les conditions de pauvreté dans lesquelles vit la majorité de la population, la sélection de nouveaux enfants à aider est une tâche très difficile. Nous ne saurons jamais assez les en remercier.



Informer
Mohamed Ould Boubacar et El Bekaye Ould Mohamed Aly
encadrent Bomba Ould Trah, directeur de l'Ecole 10.


Comme le Conseil d'Administration l’avait proposé lors de sa dernière Assemblée Générale, nous avons ouvert une nouvelle classe pour 8 enfants de 2e primaire (4 filles et 4 garçons), à l’Ecole 10 cette fois. Là aussi nous avons reçu un accueil chaleureux tant de la part du Directeur que des enseignants. Les cours complémentaires seront donnés pour le français par un instituteur sénégalais, tandis que le cours d’arabe sera donné par une institutrice mauritanienne (par ailleurs membre d’Emel Ejyal). Je suis particulièrement heureux d’avoir pu ouvrir cette classe à l’Ecole 10. Dans un souci d’équité tout d’abord (les 2 écoles d’Mbarca Oumara sont ainsi représentées) et puis par reconnaissance envers Bomba, le Directeur avec qui nous avions eu, il y a juste un an, les premiers contacts préliminaires à la création d’Emel mais qui en juin 2007 avait été « victime » d’une chaise musicale. A ce jour nous n’avons que 3 parrainages supplémentaires depuis l’ouverture des 2 premières classes dans l’Ecole 7, mais par correction pour ces nouveaux parrains, Emel a décidé de  faire  l’appoint  pour ce 3e trimestre.  Nous espérons bien évidemment recevoir  les parrainages manquants avant le 1er octobre, ce qui est tout à fait réalisable.



Informer
Mohamed et Ely Cheykh Ould Boubacar distribuent les fournitures scolaires.


Alors qu’en novembre 2007 il ne nous avait pas été possible de rencontrer un représentant de l’ancien Conseil Communal, ici à leur demande expresse, nous avons pu rencontrer messieurs Sidi Ahmed Ould Dellahi, Maire d’Atar et Ely Cheykh son adjoint, tous deux fraîchement élus (janvier 2008) à la tête du nouveau Conseil Communal. Leur accueil et leur discours sont pour nous de précieux encouragements. En effet, leur volonté de coordonner les différentes aides en rencontrant les différents acteurs présents sur le terrain, l’organisation d’un recensement précis de la population et de ses conditions de vie, ... témoignent d’un réel projet de renouveau pour la ville d’Atar. Les travaux de voirie en cours et le tout nouveau programme de ramassage des immondices en sont les premiers témoignages. Reste à espérer que ces actions ne seront pas feu de paille, inch’Allah. Nous avons aussi eu l’occasion de rendre visite à une ONG d’Aide à la Nutrition (qui a ouvert un petit centre de jour où quotidiennement sont nourris plus de 100 jeunes enfants), d’y rencontrer les responsables locaux et Aïcha (une bénévole française déléguée de l’association Passerelles) venue assurer le suivi du projet et par la même occasion distribuer des vêtements aux enfants. Nul doute que ce premier contact sera suivi d’autres et sera pour nos deux associations source d‘un enrichissement réciproque. Au fil des semaines, de nouveaux contacts se sont créés, lentement (mais sûrement) Emel tisse des liens. Mais le 31 mars il était l’heure de prendre le dernier avion de la saison. Et si quelque part, la fatigue aidant j’étais content de rentrer au pays, dans le même temps, j’étais très ému de quitter mes amis et je formais déjà dans ma tête des projets pour mon prochain retour.

Jean-Marie Simon




Informer
à l'arrière plan, de gauche à droite :
Mohamed Ould Boubacar (président d'Emel Ejyal), Lô Mamadou (professeur de français),
Ely Cheikh Ould Boubacar (trésorier), Hindou Mint Ahmed (professeur d'arabe) et El Bekaye Ould Mohamed Aly (secrétaire)
encadrent nos filleuls de l'Ecole 10.