Compte-rendu - Voyage octobre 2009
Nouakchott, lundi 28 septembre, 19 h, heure locale. La température est plus que clémente : plus de 30°. Plaisir de retrouver mes amis Ely Cheykh, Abdoullah et Edde, venus m’accueillir à l'aéroport. Nous échangeons les nouvelles. Quoiqu'ils prennent la chose avec philosophie (Allah y pourvoira !), la situation économique est plutôt morose, le premier vol direct Paris-Atar (et son flot de touristes tant espérés) est reporté dans le meilleur des cas à fin décembre.
Nous profitons de ce séjour dans la capitale pour acheter le matériel destiné à équiper le Centre. S’il n’est pas difficile d’acquérir un beau frigo, les 2 réchauds, les marmites, ... il n’est pas possible de trouver des bancs et des chaises pour les classes. Nous décidons donc de recourir à la fabrication locale, chose que nous ferons à Atar afin d’économiser le prix et les mauvaises surprises du transport !
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Atar, vendredi 1er octobre. Je suis content de me retrouver « à la maison ». Il fait très chaud (et le fera tout au long de mon séjour), mais l’air plus sec, semble plus respirable que dans la capitale. Ma première visite est pour le Centre Emel. Très modestement, Ely Cheikh (c’est lui qui a recruté les hommes et dirigé le chantier) est fier de me faire faire le tour du propriétaire. Je suis très content. Même si çà et là, la finition laisse quelque peu à désirer, la construction de la seconde phase est conforme à mon attente, solide et proprement faite, du bel ouvrage.
A gauche, le bloc cuisine (porte grise) et les sanitaires (à l'arrière),
au centre et à droite les deux classes et le nouveau bureau d'Emel.
Après avoir commandé bancs et chaises, avoir acheté des planches pour équiper la cuisine d’étagères, des panneaux de contreplaqué que je peindrai en noir pour équiper les classes d’un tableau, nous nous attelons à la « problématique » : comment organiser et faire fonctionner le Centre afin d’atteindre le but éducatif que nous nous sommes fixé, à savoir conduire les enfants au bac et le leur faire réussir ?
Lors des conversations à bâton rompu que j’ai pu avoir avec mes amis mauritaniens mais aussi avec des enseignants ou quelques érudits, je n’ai pu que constater la situation catastrophique du système d’enseignement, à savoir : la baisse généralisée du niveau. Des enfants en 3e primaire ne savent encore ni lire ni écrire en arabe (qui est la première langue), d’autres en 6e année ne comprennent pas le français (alors que c’est la seconde langue et que les cours de sciences et de mathématiques sont donnés dans cette langue) ! Le problème est complexe et les causes multiples, notre tâche titanesque ! Comment dès lors s’étonner des encouragements et remerciements que nous recevons de toutes parts (depuis le petit épicier jusqu’à l’inspecteur régional de l’enseignement) ?
Actuellement, le Centre Emel ne dispose que de 2 salles de classe. Nous avons donc regroupé par niveaux (4e et 5e année) les enfants des écoles 7 et 10. Les deux enseignants sont extérieurs à ces écoles et ont été recrutés pour leurs compétences et leur motivation. Les premiers contacts que j’ai eus avec eux sont excellents.
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Vendredi 30 octobre, les parents des 30 enfants parrainés sont invités au Centre pour découvrir les lieux, rencontrer les enseignants et prendre connaissance de la nouvelle organisation. Outre les cours qui seront donnés « chez nous » le soir après l’école, dorénavant les midis, les enfants rejoindront le Centre pour y recevoir un repas complet, équilibré et varié (en lieu et place des vivres que nous distribuions aux familles). En fin de réunion les parents élisent quatre représentantes (deux par école), ces mères (ou sœurs) seront les traits d’union entre tous les parents et l’équipe d’Emel Ejyal.
Samedi 31 octobre. Nous réceptionnons les dernières chaises qui doivent équiper les classes ! L’inauguration du Centre est fixée à 11 h, mais dès 10 h les enfants sont déjà là, revêtus de leurs plus beaux habits ! Ils ont rapidement pris possession des lieux, leurs « Bonjour monsieur, comment ça va ? » et leurs mines réjouies sont une première et précieuse satisfaction.
11 h, les Directeurs des écoles 7 et 10, les professeurs (anciens et nouveaux) et quelques amis dont Aïcha (Geneviève Courbois « les Enfants du Désert »), notre voisine accompagnée de deux bénévoles nous font l’amitié de leur présence. Nous sommes bientôt rejoints par le Dren (Directeur Régional de l’Enseignement) qui a tenu par sa présence à nous apporter tous ses encouragements. Après la présentation du projet Emel et la visite des lieux, Ely Cheykh et nos invités remettent à chaque enfant un cartable et diverses fournitures scolaires.
Distribution des cartables et fournitures scolaires.
Nous profitons de cette petite « fête d’inauguration » pour remettre aux joueurs de l’équipe du « Fc Emel » (voir voyage précédent) un superbe maillot de foot.
Ely Cheykh et les "entraîneurs" encadrent l'équipe du FC Emel.
Une fois les invités partis, nous clôturons cette inauguration en invitant les enfants à recevoir leur premier repas au Centre (un délicieux « maru ût », riz aux poissons), préparé par Raybe et Buba nos cuisinières fraîchement recrutées.
Dimanche 1er novembre, premier jour de fonctionnement du Centre. 12 h les enfants arrivent par petits groupes. Les uns se réunissent sous la tente, les autres courent ici et là ou se rendent en classe. Ils sont « chez eux ». 13 h les plus grandes filles aident Ely Cheykh et Buba à apporter les cruches d’eau, les lave-mains et les plats de mâvo (plat à base de riz, viande de chameau, légumes et purée d’arachide), une fois de plus tous se régalent. 17 h, c’est dans la bonne humeur que les enfants, rejoignent à nouveau le Centre pour l’heure et demie de cours.
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Jeudi 5 novembre, durant ces quelques jours, j’ai pu remarquer que le Centre fonctionnait bien (ne nous leurrons pas, tout n’est pas encore parfait, il reste encore tellement à faire et puis, chaque jour il faudra remettre l'ouvrage sur le métier...) et combien les uns et les autres sont motivés et heureux de participer au projet d’Emel. Aujourd’hui il est temps pour moi de prendre la route pour Nouakchott, demain matin je serai à Bruxelles.
Je ne voudrais pas terminer ce compte-rendu sans rappeler qu’ : «Il y a deux ans (février 2007) mon rêve d’aider les enfants d’Atar a réellement pris corps. Si ce rêve est aujourd’hui réalité (parfois au-delà de mes espérances en particulier avec la construction du Centre Emel), c’est bien sûr grâce à la précieuse collaboration de l’équipe d’Emel Ejyal et de mon ami Ely Cheykh, mais aussi et sans aucun doute en premier lieu grâce à vos généreux parrainages et dons. Encore un tout grand merci à tous pour votre aide et vos encouragements ».
Jean-Marie Simon
A l'avant plan, en attendant la construction de la 3e phase,
la tente qui abrite les enfants du soleil lors des repas ou autres moments de détente.